Dimanche 15 mars 2009
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Publié dans : Ciné, TV, musique : mes avis
Depuis que je suis enfant, j'ai toujours été très seule, et donc, par la force des choses, très solitaire.
Dès l'âge de 5 ans ma mère m'a battue.
Le drame que je vivais chez moi me rendait silencieuse, renfermée et timide à l'école. Je ne me souviens pas avoir eu d'amis à cette époque.
C'est bien simple, quand je me suis inscrite sur un site dédié à retrouver des anciens copains d'école, personne ne s'est manifesté avant le collège!
Pour me préserver j'ai créé un monde imaginaire.
Je me cachais dans ma chambre, entre l'armoire et la caisse à jouets et j'imaginais une autre vie.
Mon monde était rempli de super-héros qui venaient me sauver. Je pouvais toujours compter sur eux pour me protéger.
Et puis il y avait la musique.
Mon père écoutait beaucoup la radio et j'ai très tôt été sensible à la mélodie et aux paroles.
Les chansons me berçaient, me donnaient la douceur que ma mère me refusait, et mettaient des mots sur mon calvaire.
De cette jeunesse à part, j'ai gardé la passion pour les comics.
Quant à la musique, elle n'a cessé d'accompagner les moments de ma vie.
J'étais à Chinon quand j'ai entendu "Gaby" pour la première fois.
Ma mère venait de me ruer de coups et je m'étais échappée.
Nous occupions un bel appartement juste au dessus de la gare. Nous y venions pour les vacances, il appartenait à un ancien amant de ma mère.
Il n'y avait plus beaucoup de trains en circulation. Seul l'autorail de la ligne Tours-Chinon avait été épargné.
Bref, je m'étais cachée dans le grand parking de la SERNAM, entre les hangars.
Quelques minutes après, un homme d'une quarantaine d'années s'est garé à moins d'un mètre de moi.
Il a rabattu son siège et a allumé la radio. Il ne me voyait pas et n'a plus tardé à s'assoupir.
Je suis restée assise, appuyée contre le pneu de la voiture pour mieux entendre la musique.
C'est là que j'ai entendu Bashung pour la 1è fois.
"Gaby".
Je ne comprenais pas vraiment les paroles mais la voix grave d'Alain Bashung avait quelque chose de rassurant.
Je l'ai adoré dès la première note.
Il ne m'a plus quittée.
Je me rappellerai toujours de la fascination que m'avait procurée la jeune bassiste aux seins nus dans le clip "osez Joséphine".
Je trouvais ça tellement osé!
Bien plus tard, pendant ma 1è année de fac, j'ai connu ma première relation sérieuse avec un garçon.
Quand au bout d'un an notre couple a commencé à battre de l'aile, il y a eu "la nuit je mens".
Elle annonçait mon changement de vie.
Mon père m'avait donné jusqu'à la fin de l'été pour quitter la maison familiale et nous étions déjà au mois de juillet.
Je suis partie quelques jours après, sans me retourner.
Dans le train, le walkman sur les oreilles, j'écoute Bashung.
L'été dernier, alors que nous préparions notre mariage, papa, Grisha et moi avons eu une crise de rire en voiture.
Nous allions fermer le cabanon des poules dans le jardin de papa quand celui-ci s'est mis à parodier la chanson "résidents de la République".
Cette fois-ci Bashung accompagnait mon bonheur familial retrouvé.
J'ai eu la chance d'aller voir Bashung en concert en 2005.
Le voir de si près, l'entendre en live, j'ai revécu tous les moments qu'il avait accompagnés, sans le savoir...
Alors quand hier j'ai appris son décès, je me suis dit qu'il fallait que je lui consacre un article.
C'était bien la moindre des choses pour lui rendre hommage.
Adieu Mr Bashung, et merci.
Votre voix a adouci ma vie.
Vous me laissez orpheline de la musique de mes lendemains...
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